Des rives de la Méditerranée à l'Orient, de la Turquie aux sources du Gange, en suivant d'anciennes routes commerciales, parcourues par les caravanes depuis plusieurs millénaires, c'est, autant que possible, à pied que Matthieu et Françoise dérouleront un long chemin. En 2016, le premier mouvement de cette aventure les a conduits d'Istanbul à Téhéran en traversant l'Anatolie, les rivages de la Mer Noire, la Géorgie et l'Arménie. Fin août 2017, repartant de Téhéran, ils gagnent la Mer Caspienne ; puis après un transit rapide du Turkménistan, ils rejoignent l'Ouzbekistan, Boukhara, Samarkand, traversent la Ferghana puis atteignent fin novembre 2017 Bishkek, la capitale kirghize. Début septembre 2018, ils quitteront Och au Kirghizstan pour Irkeshtam d'où ils pénétreront en Chine ; puis après la traversée de la Kunjerab Pass, ils enteront au Pakistan, puis atteindront l'Inde et continueront vers Haridwar, but de leur périple.

Matthieu

Je me définis comme un marcheur au long cours, forgé sur les routes de Saint Jacques de Compostelle, routes que je vis encore en servant comme hospitalier en Navarre. Cette aventure à venir complètera pour moi d’autres routes précédemment suivies, au sein des cultures Européenne, Moyen-orientale et Nord Africaine, lors d’un long d’un ruban de 13.000 km tracé à pied tout autour de la Méditerranée traversant 21 pays de Paris à Paris en passant par Istanbul. Repartir de cette métropole s’inscrit donc de manière symbolique dans la continuité de ce long périple.

L’expérience de la méditation que je pratique depuis plus de 25 ans en tant que Bouddhiste de l’école Zen Soto et celle de la marche au long cours aux sensations très proches sont inscrites dans mon ADN. On reste face à soi-même, le regard autant que possible tourné vers l’intérieur, en harmonie avec une écoute attentive du corps. L’équilibre subtil entre la maîtrise de l’expression erratique de ses pensées et l’attention portée à une démarche physique continue et tranquille, reste pour moi la clé de cette expérience unique. Avoir les deux pieds sur terre, le corps et l’esprit en unité, et faire de chaque endroit un lieu de pratique, c’est prendre le temps d’aller à la source pour retrouver l’essentiel.

Ce voyage au long cours permet de s’éveiller à tous les sens, s’émerveiller du jeu des couleurs, de toutes formes de beautés naturelles, rester sensible aux arts tant populaires que savants, et à la poésie, à la littérature. C’est aussi écouter les sonorités offertes par la nature, les langues parlées lors des rencontres, et les musiques …  Cette pérégrination se fera au rythme de mouvements qui se construiront fil à fil comme une symphonie qui peut être tout aussi bien fantastique, bouillonnante, mystique  etc. , en admettant selon les aléas de la vie aussi sa part de mystère, d’inattendu, voire d’inachevé …

Et puis, à partir de ce que l’on m’a enseigné lors de mes premières leçons d’histoire j’aimerais aller au-delà des abords de la Méditerranée et mettre en lumière l’existence de liens millénaires de brassage culturel entre notre occident et le lointain Orient. Ceci me permettra de compléter cette vision du monde et d’élargir par ce changement de paradigme son amplitude et son mystère.

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